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J
AI+留学专家菊叔
朗读

« À part toi, ce monde n’a rien » est un article de philosophie individualiste et de valeurs de vie que j’ai rédigé le 1er juin 2014 pour mes deux fils, Panpan et Xiaoxiao. C’est aussi un court texte guide, d’une portée révolutionnaire, touchant à la philosophie de vie, à l’éthique, aux relations familiales et affectives, qui s’attaque à la piété filiale traditionnelle et à l’éducation abrutissante du type « le père est le maître du fils », et les pulvérise.

J’y aborde la relation parent-enfant en privant les parents de toute possibilité de marchander leurs bienfaits. Car, avant la majorité de l’enfant, tous leurs actes se classent en deux catégories : soit l’accomplissement d’un devoir et d’une obligation, soit l’expression d’un sentiment et d’un amour. Ainsi, au-delà des responsabilités, il ne reste que l’affection donnée, c’est-à-dire l’échange affectif entre parent et enfant. Par conséquent, la relation parent-enfant repose toujours sur l’amour réciproque, et non sur un marchandage de bienfaits, ni sur la piété filiale ou l’obéissance. S’il y a des sentiments, tant mieux ; s’il n’y en a pas, on est quitte, ou on se contente des obligations légales. Pas de chantage moral.

Cette réflexion philosophique et éthique, qui semble très froide et impitoyable, n’est pas acceptée par le courant dominant. Pourtant, elle offre une pensée très rationnelle et une solution raisonnable à d’innombrables relations parent-enfant empêtrées dans la piété filiale traditionnelle chinoise, sans possibilité d’en sortir. Eh oui, beaucoup de quinquagénaires, après l’avoir lue, ont dû m’appeler « Maître Wang », reconnaissant que, dans la trentaine, j’avais élucidé un dilemme éthique des relations familiales qu’ils n’avaient jamais résolu de leur vie. Eh bien, sur ce point, je ne peux absolument pas contester.

Dans cet article, j’ai également développé un principe fondamental des échanges affectifs : donner est en soi une récompense. Ne demande pas, dès que tu donnes, que l’autre s’en souvienne éternellement et te le rende. L’homme est un être d’émotions, certes, mais tu ne peux pas imposer tes sentiments aux autres, puis penser que parce que tu as fait ceci ou cela pour eux, ils doivent te le rendre. C’est assez risible.

Par exemple, tu es amoureux en secret d’une fille qui n’en sait rien. Comment, selon toi, devrait-elle te répondre ? Tu as la liberté de lui offrir tes sentiments, elle a la liberté de ne pas y répondre, n’est-ce pas ?

L’amour non partagé est un modèle particulier d’échange affectif. Élargissons maintenant aux échanges affectifs généraux. Par exemple, entre amis, entre père et fils, entre époux, entre amoureux, entre petits amis, entre petites amies… des sentiments qui s’échangent.

Pour des sentiments qui s’échangent, penses-tu qu’ils exigent une réponse équivalente ? Évidemment non.

Car nous avons déjà dit plus haut : donner ses sentiments est en soi une récompense. Si ce n’était pas le cas, comment expliquerais-tu ce que tu retires d’un amour non partagé ? N’est-ce pas ? L’amour non partagé, c’est la récompense de base du don affectif, d’accord ? C’est ne rien obtenir, mais s’être fait plaisir tout seul.

Alors, comment éviter les malentendus et les blessures dans les échanges affectifs réciproques ?

De toute évidence, il existe un mécanisme de défense important, déjà soulevé dans l’amour non partagé : la liberté, la liberté du receveur. Freedom, c’est une variable que nous ne pouvons ignorer et à laquelle nous devons prêter attention.

Tu ne peux pas dire : « Je t’aime, tu m’aimes, donc tu devrais renoncer à ta liberté pour moi. » Même dans un échange affectif réciproque, hors amour non partagé, la personne à qui tu offres tes sentiments n’a-t-elle pas pleinement la liberté de contrôler son degré de réponse ?

Alors, dire : « Je t’ai aimé, et maintenant tu ignores complètement mes sentiments dans telle affaire, tu es si mauvais avec moi », n’est-ce pas faire la victime et manquer de logique ? Parce que tu as déjà obtenu la récompense la plus fondamentale du don affectif : n’avoir rien reçu, mais t’être fait plaisir tout seul.

Prenons un exemple particulier : ce qu’on appelle la charité et l’aide sociale. Forcer les bénéficiaires à poser pour des photos quand on leur donne de l’aide ou de la charité, n’est-ce pas un comportement méprisable ? Bien sûr, car tu violes leur liberté de ne pas poser, et tu peux même gravement blesser leur dignité, n’est-ce pas ? En réalité, accepter ton aide est déjà la plus grande récompense qu’ils puissent te donner. Sinon, tu n’aurais même pas cette occasion de te faire mousser, d’accord ?

Bien sûr, dans notre enseignement traditionnel, on aime utiliser la notion de « bienfait » pour enchaîner les faibles. Ainsi, « un repas offert », « la grâce impériale immense », ou « une goutte d’eau reçue, une source rendue ». Je pense que c’est très personnel. Par exemple, quelqu’un à qui on a prêté 1000 yuans en rend 10 millions. C’est très bien. Mais s’il finit dans la misère, sans même 1000 yuans, comment pourrait-il rendre ? Donc, je pense, comme le disait Confucius : « Rends le mal par la justice, et le bien par le bien. » Ce « bien » derrière, c’est aussi selon ses moyens, et celui qui rend a sa propre liberté. Car, après tout, quel que soit le bienfait, notre ancien adage dit déjà : « Faire le bien sans attendre de retour. » Si tu fais le bien en attendant un retour, ce n’est pas un bienfait, c’est un investissement, ou une spéculation. Ce genre de personne devrait être appelé un opportuniste et un prédateur dans les relations humaines, et non un soi-disant bienfaiteur.

Eh oui, donc, tu as la liberté de m’aimer, j’ai la liberté de ne pas t’aimer.

Désolé ! Je peux te laisser être gentil avec moi, et je peux quand même n’être ni bon ni mauvais avec toi.

Parce qu’être méchant, ce n’est pas bien.

28 décembre 2016

Rédigé en pleine rédaction de documents officiels, au milieu d’un emploi du temps surchargé, pour achever cette explication logique.

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